Piste d'écriture: décrire un lieu, en considérant les éléments de votre description comme des acteurs.

Le village somnole, calme et silencieux dans la chaleur d’un après-midi d’été. Le soleil écrase toutes vies sous l’ardeur de ses rayons. Sur la place centrale, l’imposante façade de la mairie, anguleuse et droite, se dresse fièrement au sommet d’un petit escalier de pierre. Face à elle, les tours et le haut portail ouvragé de l’église la défient. Ses cloches tonnent et font vibrer l’air. Les murs des maisons basses aux volets clos se renvoient le grondement du tocsin comme une balle et son écho persiste bien après la fin de l’appel.

Alors, la place s’anime.

Les arbres murmurent dans le vent chaud. Leurs feuilles s’agitent, se bousculent et se frôlent en quête d’air et d’ombre. Les troncs ploient et les racines se ruent vers la petite fontaine qui adossée à son muret, projette dans son bassin un fin jet d’eau claire. Le sol sec et brulant craque et de ses fissures, un lézard jaillit et court se rafraichir les pates contre la roche humide du point d’eau.

De la place, une rue pavée serpente entre les maisons. Elle grimpe ainsi de plus en plus haut. Dans sa course effrénée vers la cime de la colline, elle abandonne progressivement les habitations pour la nature. Elle sème son pavement lisse pour des cailloux et de la terre. Elle se transforme en un sentier étroit et inégal. La pluie, aujourd’hui tant attendue, y a creusé des ornières. Des blocs de roches, érodées par les intempéries, roulent et s’agglutinent sur ses flancs. La végétation sauvage tend ses doigts desséchés et faméliques vers le mince espace dégagé du chemin. Ronces et épines font la loi et emprisonnent dans leurs griffes pollen, poussières et morceaux d’étoffe des passants inattentifs. Le passage progresse ainsi en s’essoufflant jusqu’au plateau qui habite les hauteurs de la colline et surplombe le village. Là, les ruines d’un vieux château contemplent le paysage qui immuable s’étend à ses pieds.

Des vestiges de remparts et de murs s’égayent sur l’espace dégagé. De hautes herbes envahissent chaque recoin, s’insinuant dans le plus petit interstice. Des voutes, en partie écroulées s’ouvrent sur des salles sans toit, aux murs affaissés où le vent rugit avec fureur. Seul un donjon, sur lequel le ciel bleu prend appui, garde la tête relevée. Il a fière allure malgré ses pierres ébréchées et son aspect arqué. Certes, une grande moitié de sa personne a disparu. Mais sa majesté perdure et cela depuis des siècles. Le drapeau cathare, symbole d’une région et d’une histoire, qui le couronne ondule. A son mat, une jeune fille se penche, retenue par une main, les pieds au bord du vide. Son sourire illumine son visage. Sans préavis, elle hurle, libérant dans l’immensité du vide qui lui fait face ses peines et ses douleurs.