PostHeaderIcon Il parla peu, sourit peu et pourtant…, par Christine Jouhaud Mille


Immobilisée par sa cheville plâtrée, Martine lisait allongée dans le transat du jardin de Pierre-Loup son nouvel ami qui l’hébergeait le temps de sa convalescence.

Leur rencontre avait débuté par ce sourire embarrassé qu’il lui avait adressé ayant maladroitement lancé dans ses pieds le skateboard. Aux cris qu’elle poussa dans l’instant ou elle voulut se relever, le skateur réalisa l’accident involontaire qu’il venait d’engendrer et aussitôt des badauds curieux s’approchèrent.

Comme elle restait assise par terre, il en fit autant, prit dans sa poche son mobile et composa le numéro des pompiers prés-enregistré dans la liste des contacts.

Durant l’attente de l’arrivée des secours, il parla peu, sourit peu et pourtant elle était sous le charme de ses yeux marrons aux éclats émeraude qui la sondaient.

Volontairement elle appuya un peu plus ses lamentations pour le culpabiliser en remarquant qu’il n’avait pas d’alliance (même si cela n’était pas vraiment un indice), puis elle se dit que si cet apollon était libre et selon le déroulement des évènements, elle n’aurait aucun désir de l’éconduire…

FIN

18 mai 2009


PostHeaderIcon SOL UNDERGREEN V, par Vincent M. Desplagnes

Chapitre V

     « Candida Albicans !!! Candida, voila la personne à qui je dois m’adresser pour avoir une explication claire de la situation obscure dans laquelle un anonyme ennemi m’a fait basculer, » songea Sol Undergreen dans le style limpide des pensées dans lesquelles il s’était englué depuis les 40 dernières années de son inexistance.

     Candida était une relation de travail qu’il avait fréquenté lors d’un stage de son unité, elle était la seule personne encore en vie à connaître que son poste à la policerie n’était en fait q’une couverture. Le commissaire Magret de la Bruxelloise et sir Conarde Floyde de la Sherlockerie était mort respectivement, pour l’un d’une indigestion de canard et pour l’autre d’une ingestion de morphine base avariée, «Lé macchabée né parlé pé ! » s’invectiva Sol, on ne sait pourquoi, les nerfs à vif peut être, en se remémorant ce vieux dicton de la sagesse calabraise.

      Non il n’y avait que Candida, elle aussi de la policerie, qui savait que Sol Undergreen, l’un des flics les moins en vue de la réserve indienne des Cévenols, était en fait un journaliste infiltré. Elle n’avait jamais d’ailleurs pu savoir pour quel journal il travaillé, sauf par déduction qu’il s’agissait certainement d’une feuille de chou clandestine. En effet à cette époque, que les plus de vingt ans ne peuvent pas encore connaître, n’importe quel journaliste pouvait demander sa mutation à la policerie, pourvu qu’il soit bien noté de ses inférieurs cela va de soi… C’est ainsi que de fins limiers de l’information pouvaient se retrouver mutés par le plus grand des hasards erratiques dans les locaux  divers des poliçarias de la doulce France. Cependant il faut noter que l’inverse était plus courant car nombre de flics fatigués par l’archivage des faits divers souhaitaient donner un nouvel élan à leur vie professionnelle et s’investissaient avec enthousiasme dans le « jouïrnalisme ». C’est ainsi, grâce à  ces hommes courageux, que quelques-unes des plus belles pages de la propagande française furent écrites et publiées dans des journaux tels que le Biglot Madame ou le Nouvel Masturbateur, pour ne citer que les plus célèbres.

     Mais Candida n’avait pas pu trahir Sol, car Candida aimait Sol et Sol avait été sentimentalement des plus confus avec elle, ce qui faisait qu’elle ne pouvait rien mésestimer de son amour de lui à elle, car quand on aime sans savoir on ne sait plus où l’on en est - et c’est cela qui fait  que c’est si romantique et qu’on se suicide à la fin, sauf si son chevalier servant est à l’heure, parce que pour une fois ces salauds de cégétistes de cheminots ont décidé de pas mettre des poutres en travers de la voie comme de véritables Apaches qu’ils sont tous, oui mosssieur que c’est vrai, c’était écrit avant hier dans le New Folk Post  OUIIIIIIII

     « Dring, dring, allo c’est qui ? Mon chien devant mes yeux, six feet under messieurs et.. ». BOUM une explosion terrible enleva l’agent spécial Sol Undergreen de sa tendre rêverie, le souleva de terre et l’envoya dans le ciel à des milliers de kilomètres. « Comment cela pouvait il se faire ? » se réflexionna-t-il alors qu’il planait léger dans la stratosphère ; même pas mal à première vue, et la vue était loin présentement car il faut songer qu’il était en orbite…

A cet instant, Sol déduisit que ce qui avait explosé était la tombe de son chien Milou, vu qu’il ne pouvait en aucun cas être lui-même le commanditaire de cet attentat car : 1) il n’était pas d’Al Craquera, la cellule terroriste de la CIA,   2) il aimait les animaux et les chiens et les petits poissons,  3) la tombe ne pouvait avoir explosée par elle-même car il l’avait creusée de ses propres mains qui étaient alors devenues sales   4) c’était donc son chien qui était piégé;   5) les salauds ils étaient prêts à tout et ne respectaient rien, même par téléphone !

     Suspendu à du vide, léger tel le néant quand on l’oubli peut-être, Sol était là, là où il faut être, là où vont les êtres quand ils ne s’apprivoisent plus.

      Grâce à sa parfaite maîtrise du non-sens - car dans l’espace intergalactique personne ne se risquerait à vous indiquer le haut du bas - Sol undergreen était bien, il savait savourer ces instants de la vie d’un homme où l’esprit prend de la hauteur (car les grands esprits sont indubitablement toujours perchés, Jésus sur sa croix, de Gaulle sur la sienne, Moïse au mont blanc, ma chatte sur un toit brûlant, les exemples sont légions romaines tirons une croix là dessus c’est bien moins lourd que de la porter mais vous faites comme vous voulez avec vos problèmes de croix, la littérature et les grands penseurs y pensent qu’à eux d’ailleurs, tiens pour dire, dans « Les Misérables » sommes-nous cités une seule fois, bien sûr que non, alors que pourquoi eux plutôt que nous), mais cessons de faire la causette, elle n’a que ce qu’elle mérite la pauvre.

     Les crédules, les mystiques pré-darwiniens ne se posent pas la question, la pensée magique aidant ils comprennent ils savent, ayant acquis l’inné, que tout est possible, que tout peut arriver. Ainsi s’explique clairement pourquoi l’agent très spécial Sol Undergreen : 1m98, 115 Kg (une lubie de l’auteur qui n’en pas de la hauteur et se permet tout et n’importe quoi), peut se retrouver là où il se trouve, c'est-à-dire toujours plus haut dans le phénoménal.

      Certains anthropologues du Moyen Age ont cependant donné quelques explications à ce qu’ils appellent « le phénoménal inexplicable », souvent irrationnellement sous-estimé à sa juste valeur. Le phénoménal inexplicable est ce qui permet à l’être d’être sa propre essence ou, comme disent si bien les Anglo-saxons, son essence propre et de l’essence propre pour son être, des millions de pauvres demeurés sans gourous la recherchent chaque jour.

     Sol Undergreen, grâce à sa parfaite conscience anarcho-taoiste d’appartenir à tout l’univers qui l’entoure et non pas qu’à sa mère, pouvait donc bien être là où il voulait et même ailleurs et tout à la fois, il ressentait les plaisirs des milliards de molécules qui composent la galaxie.

      La descente dans le phénoménal est toujours délicate et obscure pour un esprit cartésien, c’est son charme. Seule la physique quantique pourrait en approcher la poésie, mais qui lit encore avant de se coucher de la littérature quantique, c’est épouffroyable et le monde n’est plus ce qu’il était il y a encore  quelques secondes… et Sol descend toujours.

     A mille mètres on a une chouette vue sauf en Picardie où y a pas mille mètres mais plutôt des milliers de kilomètres de brouillards à l’horizontale et on n’y voit rien - alors que ceux qui l’ont vue…fugacement…disent…d’un air badin : « C’est joli la Picardie ! »

     Sol Undergreen, au fur et à mesure qu’il se rapprochait de sa planète, sentait bien comme Sigmund Freud en son temps, qu’il y avait un malaise dans la civilisation : une nouvelle pollution semblait voir le jour, une pollution des corps, des esprits, des moindres particules, qui s’immisçait en vous, en la moindre chose de vous, dans l’air du temps, dans le vent du matin, dans l’eau, dans le poisson qui nage et même dans le brouillard picard qui était pourtant si naturel au commencement de la congélation et si frais qu’on en faisait du surgelé avant de nous le mettre en boite. 

     Voila peut-être la raison pour laquelle des forces obscures de la grande redistribution avaient voulu l’assassiner, non pas qu’il sût qu’ils voulâssent l’empoisonner (car l’agent spécial Sol Undergreen comme tous les « spécials » savait qu’il ne savait rien et que c’était déjà beaucoup), non mais il  savait qu’il avait ce don particulier des Indiens cévenols de sentir avant tout le monde qu’un air morbide pouvait s’abattre à tout instant sur la planète bleue et la rendre verte de peur, ce qui même pour un écologiste n’est pas tolérable.

      Le suspense étant à son comble, Sol Undergreen envisagea de traverser le toit d’un pavillon de banlieue qu’aurait mieux fait (au vu des dégâts collatéraux qu’il allait subir)  d’aller se faire mettre ailleurs, mais il se retint et l’agent très spécial Sol Undergreen continua de planer dans les cieux.

PostHeaderIcon SOL UNDERGREEN IV, par Vincent M. Desplagnes

Chapitre IV

Il avait tapé sur sa vieille Underword une bonne partie de la soirée. Il n’avait rien écrit non, juste frappé, cogné, sur les touches qui s’étaient emmêlées  les unes avec les autres, le A avec le B, le W avec le H, le point virgule sous le tiret et l’etc avec l’etcetera. Elle avait gémi la machine, elle avait grincé des dents, elle était froide malgré les coups, elle n’écrirait plus rien, elle était crevée la machine.

     A le surprendre ainsi, en pleine furie destructrice, un œil au beurre noir peu averti de la psychologie humaine et de sa mécanique n’aurait pas pu comprendre en quoi le travail de recherche auquel se livrait Ben Choron pouvait avoir la moindre importance pour l’avenir de la presse libre qui n’est libre que quand on la presse et encore.

     Ben Choron était l’animateur en chef (même pour ça y’a des chefs c’est contraignant), était l’animateur du journal : « La feuille noire du chou blanc », je vous fais cette fleur : un journal clandestin dont le but principal était d’informer ses lecteurs, ce que n’a pas pour mission par exemple « Le Biglot madame » car la pute de luxe, pareille à son maquereau de concubin marital, n’a pas besoin d’être informée mais maquillée ce qui est une tout autre approche « jouïrnalistique ». Ben Choron était lui dans le maquis, les autres chez Hermès, le dieu de l’info des cons qui y croient encore.

Etait-il donc devenu fou le Nanard, (il avait fait francisqué son nom pour plus de sécurité), à massacrer cet objet qui plus est de collection ? Cet objet sur lequel, identique, le prophète Jack Kerouac rédigea « on the road » (l’un des plus beaux rouleaux de la Tora), et le Baron Emplein « Ma notoriété, mon autoroute », ce chef d’œuvre du libéralisme injustement emprisonné dans l’oubli des masses populaires, des ploucs quoi ! Même Ste Bernadette, plus modeste y avait pondu son : « Mon chemin de croix ».

Cela était sans importance pour Nanard, il savait depuis qu’il avait été licencié, il y a quelques années, de l’usine à clous où il avait travaillé alors, oui il savait que la machine n’est rien, l’homme fait tout, à l’usine surtout (à la maison beaucoup moins), ce qui l’avait rendu anarchiste. (« Bénis soient les dieux inexistants qui ne l’avaient pas rendu cependant communiste », disait alors son papa qui avait été par égarement l’un de ces démocrates à main levée pour les élections, et stalinien dans les urnes, il en était revenu).

Non, Nanard était anar sans le taoïsme car il ne comprenait rien à la nature et avait des difficultés de concentration, le moindre merle moqueur le faisait se fâcher. Non, mais Nanard avait étudié Kant et la quantique, il savait donc qu’il n’y avait aucun rapport entre eux, ci ce n’est quelques atomes et réactions nano-atomiques .

     « Aimez-vous Kant ? » se réflexa Nanard en abaissant un violent coup de poing sur la gueule humiliée de son Underword ou wood (peut importe sous qui l’on est pourvu que l’on y soit bien), son Under n’écrirait plus.

     Il rapprocha son visage de la chose métallique immobile et sombre qui gisait sur son bureau. L’expérience lui révéla qu’une machine détruite, inutile, s’humanise toujours : elle devient une bête. C’est ainsi pourquoi, il faut oser la syntaxe et pas que Joséphine ; c’est ainsi pourquoi les véritables poètes ou les artistes contemporains sont toujours plus inspirés par un amas de ferraille que par un garage Folkswagen - y compris chez Goethe qui était pourtant Allemand ancien, et l’Allemand ancien était très fort en humanisme et ferraille que l’on dit, moi j’étais pas là, j’ai rien vu, je suis un lâche.

     Nanard tourna autour de la pauvre Undermachin la machine, il souhaitait lui parler, il sentait son odeur, le nez dessus il éternua, tout cela sentait sa littérature qu’un Paul Verlaine avait pour toujours odoriféré par ce vers à la provençale qu’il maîtrisait imparfaitement de par ses origines: « Un ail de basse cuisine ». C’est fort, c’est très fort, ah quand on explique la littérature française tout de suite on la cuisine mieux disait Veule Vaucluse de Cahors - avant de mourir ébouillantée comme une oie blanche dans son coq au vin.

       Nanard essaya de se concentrer à nouveau, il ne devait pas se poétiser le moins du monde au loin du monde, mais s’en tenir aux faits, rien que les faits et ne pas se dire comme dans le « Biglot » : tout est fait et rien n’est à faire, après tout il était journaliste lui, d’investigation, et l’investigué c’était son métier.

     Et le résultat était là, enfin, grâce à son travail de recherche, à toutes ces heures de bureaux perdues dans la nuit, Ben Choron francisqué Nanard avait finalement cherché ce qu’il avait compris ou l’inverse, car rien n’est clair au chercheur quand il fait une nuit de génie. Il avait enfin pu analyser aux tréfonds de son être, dans sa nuit intérieure, au plus profond de ses tripes (et nous n’irons pas plus loin pour ne pas t’indisposer ô lecteur si fragile et si volage).

      Oui ! Nanard Choron venait de comprendre enfin en écrasant la machine ce qu’était le pouvoir, l’oppression, l’annihilation des idées, le poids des gros mots, le floutage des photos. Il venait de comprendre qu’il aurait pu lui aussi être un monstre immobile de la presse stérile. Choron ben Nanard venait de comprendre l’essence du mal en nous, il tenait là un article du tonnerre pour l’édition du matin de la semaine prochaine. « Combattre, combattre, regarde petite machine, toi le bras droit de la littérature, regarde ce que les coups ont fait de toi » disait Nanard à l’Underwood.

       Il s’approcha d’elle un peu plus près car il était malgré tout un peu miro mais sans la vision espagnole. Il s’approcha comme pour l’embrasser et ce fut à cet instant ou ses lèvres allaient susurrer une bêtise de plus qu’il vit ces quelques  mots qui s’étaient écrits comme par enchantement sur le papier froissé dans l’entre rouleaux de la machine : « Diable ! » s’exclama Nanard Choron. Les lettres en s’écrasant sur la page blanche, avaient révélé cette parabole miraculeuse à ses yeux : « pfffsufrachpssshitetchitchicpchitttt ». Il pensa « Aucun miracle, l’homme n’est bon à rien c’est pour cela qu’il laisse tout à sa femme sauf la liberté ». Il s’en écroula soudain de tout son long sous le poids inconséquent  de sa conscience vaporeuse.

PostHeaderIcon SOL UNDERGREEN III, par Vincent M. Desplagnes

Chapitre III

Un cling résonna dans la montagne blanche, cling fit la pelle en s’enfonçant dans la neige. "Il pèle et la pelle pèle la neige"... Sol undergreen s’arrêta dans son activité et réfléchit à l’immense haiku qu’il venait de créer. Il posa son outil contre un tronc et entreprit d’écrire le fil sa pensée à même la blancheur du sol et ce avec le pied à la manière de certains grands auteurs français du passé présent (dont même les Anglais nous envient la disparition). Sol Undergreen était à ses heures perdues un adepte du land art… ce fut en voulant corriger les fautes d’orthographe que l’œuvre de l’immaculé spontané - c’était le titre qu’il lui avait donné - se transforma en une bouillie informe. - Mince chuchota t’il, ça me servira de leçon, il ne faut jamais corriger le spontané. N’est pas Andy qui veut, j’entends Goldsworthy le seul Andy qui soit ! Il reprit sa pelle et chercha un autre coin dépourvu de roche pour y creuser la tombe de son chien. Un toc vibra sur la porte à des lieux de là, puis toc toc,toc,toc,toc,toc,toc,toc,toc. - C’est vous Pivert ? entrez donc et cessez de toquer. Pivert Malakofffff était un comptable. Le sénator regarda s’éloigner les fesses de sa secrétaire qui en croisant le regard libidineux de Pivert les serra un peu plus. Pivert Malakofffff était un comptable russo-albanais, que l’on surnommait pervers Malakofffff, il avait été embauché par le sénator Point pour tenter de mettre de l’ordre dans sa comptabilité. Il dirigeait une équipe de lui-même qui a lui seul avait réussit à remonter le CAC 40 à 50 et le NASDAQ à comac. - Quelles sont les nouvelles pour notre affaire ? - Ji mi li escusi bi ba mi li missi el i rati totalemi rati. (Pivert Malakofffff s’exprimait dans un léger accent de gale du sud qui trahissait son cursus universitaire dans la prestigieuse : « Bavard university of Birkili » dans l’Y aie oh !) - Comment ça échoué ! - Titili - Totalement. - Ttili… - Que c’est il passé ? - Il i confondi li chi avé li maitri. - Ce n’est pas possible, je rêve. - Ni ni que ni ni, répliqua timidement Malakofffff avec cette exquise politesse du sud qu’ont toujours affectionnés les comptables de la pègre universitaire of Bikili dans l’Y aie oh. Alors le sénator eut cette réplique que les historiens ne finissent pas d’historier et les étudiants d’oublier : « c’est un âne ! Il bute un chien ! Est-il encore humain ? » - Ji mi l’expliqui patroni, ji mi dépéchi, dépéchi, viti,viti… - Te dépêcher pourquoi, c’est nous la loi ! - Viti, viti, qui ji arrivi au ski qui ji vi pas li, li chi - Le chien ! - Li chi ! - C’est sûr pour caguer tu fais caguer Malakofffff, tu fais deux cents bornes, dans la tempête avant de t’apercevoir qu’au lieu d’avoir kidnappé le contrat, à l’amiable je précise, tu avais enlevé le cabot … mais c’est pas possible ! - Chi chi ! - Qu’as-tu fait du chien ? - Buti. - Butter, abruti. - Si si impératri/ - Et pourquoi faire ? - Un contri é un contri. - J’en suis contris et fort marri et puis t’es rentré bien tranquilli avec ta connerie et moi je dépense un pognon fou en contrat à l’amiable. -J’i arranji li problémi, ji téliphoni. - A qui ? -A Sol Undergris. -« green », si t’es daltonien en plus je comprends l’erreur, pourquoi tu l’as appelé ? - Pour qi récupiri li chi. -¨Pourquoi faire ? -Li surprisi patroni, li surprisi di chif ! -«Du chef, la surprise du chef ! » Quel cocktail Malakofffff tu devrais essayé de faire simple, je t’explique, je te dis élimine le contrat à l’amiable, bon il a peut être une tête d’épagneul breton ou même de berger allemand vu qu’il essaye de nous faire croire qu’il est flic, d’accord mais tu repères bien sa petite tête et tu confonds pas et tu joues pas au vétérinaire avec le chien avec le chien d’un con de pseudo flic indien dans la montagne, tu fais simple Malakofffff y t’ont pas appris à l’universiti « un petit trou puis un grand trou » tu connais la chanson non, c’est clair ! Le sénator sentit monter en lui une haine d’une puissance qu’il n’avait plus connue depuis la dernière tentative de rétablissement de la démocratie par un groupe de Républicains Espingos qu’avaient tous été fusillés heureusement pour son hypertension de l’époque qui était élevée pour un homme de son âge - quoique sa corpulence ne plaide pas en sa faveur et, comme le lui avait dit si justement le Professeur Joyeux Laborieux : « Un mètre 50 sur un mètre 50 c’est dur de pas tasser les artères de la racine jusqu’au carré », mais les explications médicales ne sont pas toujours claires sauf pour l’industrie pharmaceutique qui écrit les sous-titres, oui excusez moi…. Nous disions donc : La tentation de la strangulation fourmillait dans les doigts du sénator Point. *** Au loin là haut, telle la chèvre de Mr Seguin, Sol Undergreen perçut dans l’air ambiant un hurlement de loup lointain, faible mais glaçant, plus gelé que la neige, plus froid que la petite tombe qu’il venait de creuser pour son fidèle Milou. Son instinct d’anarcho-taoïste d’indien cévenol habitué à la méditation d’avec le grand Tout ne le trompait pas, quand il contemplait la situation présente : géographie éloignée, chien abattu, solitude, appel de la forêt, les hauts de Hurlevents, ma cabane au Canada, voiture mitraillée avec soin les siens, tout, absolument tout lui rappelait que sa situation était pire qu’à Megève un soir de Jour de l’An et qu’elle ne pouvait qu’empirer. Il mit son esprit aux aguets, vérifia qu’il n’y avait aucun appel laissé sur la messagerie de son téléphone i teck, car il n’aimait que le bois, et il put alors, l’esprit tranquille, commencer par se méfier de tout. Il avait froid, il était seul, il songea : « quelqu’un a-t-il donc tiré à lui ma couverture pour me découvrir ainsi ? » Car Sol Undergreen était plus qu’un simple flic, ça tout le monde peut l’être même les gendarmes et….

PostHeaderIcon SOL UNDERGREEN II, par Vincent M. Desplagnes

Second épisode du feuilleton :

SOL UNDERGREEN

Un agent très spécial

Par Vincent M Desplagnes

II

- En tant que euh euh euh en tant que sénator de l’Ile Vilaine je suis heu heu heureux  de vous remercier de m’avoir confié vos intérêts et…

- Mme Virgule le stoppa net : excusez-moi Mr Point

- Sénator Point, Mme Virgule, sénator Point ! qu’y a-t-il ?

- vous ne devriez pas dire vos intérêts mais plutôt l’intérêt que je vous porte ou que vous me portez ou plus classique que vous me portasse enfin intérêt porté semble plus juste que intérêt confié qui fait comment dire plus, plus financier et en ce moment et pour les deux  ans à venir financier ce n’est pas bon Mr le sénator.

« Mais qu’est-ce qu’elle me fait celle là, le pognon que ça ma coûté en backchiche, celle là alors ! Je pourrais même dire truandé, truandé porté si j’veux, j’suis élu qu’elle niaqoué celle là. »

Le sénator Point reprit :

- Vous avez excellemment raison Mme Virgule, vous êtes une perle de la diplomatie parisiano-provinciale, que serais-je sans vous qu’une seconde arrêtée au cadran de ma Ronflex ahah.

- Ce que vous pouvez être drôle Mr le sénator, vous êtes le plus drôle de tous les sénators que j’ai connus.

- Que voulez-vous dire par le plus drôle ? s’inquiéta Point, « Si je passe pour un comique auprès de la population mon mandat risque d’être bref », réfléchit-il soudain. Drôle dans le sens comique ? reprit-il

-  Ah pas du tout… drôle… dans le sens détonnant

« Ça pour détonner ça détonne » pensa t’il en riant sous cape au souvenir où son attaché de presse Couilles Joe Chiachia, avait satellisé son prédécesseur.

- Pas détonnant, étonnant Mr Point

- Sénator !

- Pardon, sénator, oui étonnant vous êtes étonnant, personne ne vous attend à l’endroit où vous apparaissez… élu sénator dès la 1ere fois à l’avant 1er tour !

- Je sais être persuasif Mme Virgule, la plupart des problèmes ne sont pas des problèmes, quand vous savez expliquer à vos concitoyens avec les points sur les i ! Mme Virgule les points sur les i ! qu’ils n’ont pas intérêts à la jouer ni con, ni citoyen alors ils vivent heureux chez eux au coin de la télé au chaud, qu’est-ce qu’ils viendraient foutre dans la rue, vous y allez vous dans la rue mme Virgule

- Oh non Mr Point

- Sénator putain t’en veux un point sur les i… Finissez votre phrase Mme Virgule j’aime écouter la base qui m’ fait remonter ses lamentations, j’écoute ça coûte rien, vous disiez donc ? Mme Virgule, vous sortez dans la rue, la manifeste et tout le toutime ?

- Ah ben non Sénator j’suis pas d’la rue,j’suis une secrétor d’intérior.

« C’est vrai quel meuble ! songea le Sénator Point, elle est commode mais quel bahut. »

- Bon revenons à mon discours d’intronisation, je reprends : chers amis je suis ému par la confiance dont vous avez fait preuve en m’élisant, étonné même… à votre place je n’aurais pas été aussi veule !

- Mr Point

- Sénator

- Vous ne pouvez pas dire ça !

- Vous avez raison Mme Virgule, notre démocratie n’a pas atteint le degré de maturité pour entendre la vérité telle celle qui est la mienne, vous êtes la sagesse de cette !  administration… Mme Virgule… (Le sénator Point ! se rapprocha d’elle :) Puis je vous posez une question ?

Mme Virgule eut un frisson dans le dos comme elle en avait eu à chaque fois que le sénator point se faisait plus proche, plus intime.

- Oui oui murmura t’elle

- Si vous aviez le droit de vote, est-ce que vous auriez voté pour moi, Mme Virgule ?

Alors elle vit pour la 1ere fois l’ombre immense du sénator Point se détacher sur le mur face à elle: une ombre étrange, massive et droite. Un énorme point surmontant une barre froide. Un point sur le i.

- Oui Sénator oui oui bien sûr comme tout le monde, Mr le Sénator comme tout le monde.

suite au prochain épisode !

PostHeaderIcon SOL UNDERGREEN, par Vincent M. Desplagnes

Premier épisode du feuilleton :

SOL UNDERGREEN

Un agent très spécial

Par Vincent M Desplagnes

I

      L’agent très spécial Sol Undergreen n’était pas si fou qu’on le disait, mais quand même.

     Accepter de se déplacer en pleine nuit et ce sous une tempête de neige et ce à la suite d’un coup de fil anonyme et ce lui expliquant qu’il devait absolument se rendre à 80 km de chez lui et ce… cela n’était pas d’une logique éblouissante…

A aucun appel à la raison non plus ne correspondait le fait qu’il dût trouver là bas (sur une route perdue de montagne) un cadavre au bord du fossé.

     Pourquoi n’avait-il pas prévenu la policerie ? songea t-il alors qu’il ramait à 25km/h dans sa Blingo décapotable décapotée au milieu du blizzard. Pourquoi, why ? Pourquoi me ? Bien sûr il faisait lui même partie de la policerie . Pouvait-il décemment s’appelait lui-même ? C’était absurde. Au poliçaria il n’était pas le chef, c’est lui qu’on aurait envoyé de toute façon.

      Ici et ailleurs, la police n’aimait pas les indiens. Sol Undergreen comme son nom l’indique en était un, un vrai, un indien Cévenol de pure souche par maman, alors chaque fois qu’il y avait du grabuge dans la montagne c’est lui que sa supèrieurerie administrative envoyait dans la montagne, c’est lui qui s’y collait, « t’es d’la réserve Sol, t’y t’y colle », et le Sol s’y colle.

     Lui il aurait aimer faire les mœurs, les stups, voire l’antigang bien qu’il soit anti-rien et contre tous - mais le top du top aurait été les RG, les renseignements gênants, là bien sur son infiltration aurait été des plus utiles, se renseigner sur les renseignements... Mais, actuellement, il ramait à toujours à 25 dans le blizzard.

     Lui il se coltinait toujours des embrouilles de pov’ types alcooliques dans des bleds paumés où même la télé arrivait avec de la neige sur l’écran tellement on capte mal à cause des antennes relais qui relaient rien.

     Bon, ceci dit, la nature sauvage des choses, Sol l’aimait bien. Il lui arrivait fréquemment de pêcher au lasso pendant ses enquêtes, avant il chassait aussi, avec son 9 mm de service. Mais le garde chasse (son cousin « Géronimo »  que l’on surnommait Jérome dans le cadre d’une politique de tolérance active) « Gégé » donc, lui avait  dit que l’administrature ne pourrait fermer les yeux plus longtemps sur des détournements de balles de service et Sol avait cessé de buter lapins et perdreaux.

     De toute façon y bouffait plus de viande depuis qu’il avait lu un article sur le soja et ses vertus. Et puis surtout il avait découvert Lao Tseu dans le Tao te king - à moins que ce soit l’inverse, bref même aux truites il leur foutait la paix dorénavant , il les relâchait dans la rivière non sans les avoir caressées d’un doigt humide. Une sorte de truc érotico-naturel avec le Grand Tout qui faut être indien ou oriento-asiatique pour comprendre.

     Après le Col du Pendu - dont le joli nom vient de Perdus, du latin paumus -  la voiture commença à chasser elle aussi dans une descente et s’immobilisa au beau milieu de la route. C’est là, à la lumière des phares, que Sol Undergreen aperçut le cadavre.

Il s’en approcha et resta stupéfait. Celui-ci gisait sur le coté droit de la route « là bas en bas » comme on dit en Martinique ou « lambada lambada » en brésilien, « là bas dans le fossé » en lamartinien.

     Sol Undergreen était donc stupéfait et glacé aussi, car bêtement il était parti en pyjama - ce qui est ballot pour un indien de la montagne. La montagne le gagnant il se gelait de plus en plus mais, mû par son professionnalisme extraordinaire (ses collègues le surnommait d’ailleurs Tony à cause de Tony Blair tellement qu’il avait du flair), il se figea donc glacé d’effroi à la vue du cadavre. Celui-ci avait la particularité d’être entièrement nu et velu comme Sol n’en avait jamais vu (qui l’eut cru ?). Prenant son courage à deux mains et sans moufles, Sol se pencha sur la victime  et entreprit d’enlever la neige qui recouvrait partiellement la pauvre chose. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant qu’il s’agissait de Milou, son fox terrier à poil long…

     Sol sentit les larmes se geler elles aussi à son âme : qui avait bien pu être assez salaud pour assassiner Milou, la seule chose qui lui restait de sa pauvre épouse qui l’avait quitté en laissant le chien (mais avec ses valises) ?

Milou mon chien ! Chienne de vie ! hurla aux loups (qui n’y étaient pour rien) Sol Undergreen, seul dans les bois.

     La neige tombait, malgré le calme du Grand Tout (car dans l’ensemble tout est calme si vous relisez Lao Tseu), Sol sentit gronder le tonnerre en lui comme un bâton de feu. Il dégaina son Béréplat 9mm de service et vida le chargeur sur la Blingo. Ça fait du bien, songea Sol tel un Ronald Reagan dans son meilleur rôle.

     L’épisode passé Sol redevint aussi zen qu’un bouddha japonais lors de l’attaque de Pearl Harbord. Pourquoi moi, why, pourquoi me ?

suite au prochain épisode!

PostHeaderIcon Campagne contre les O.G.M.

Complainte pour une langouste génétiquement modifiée.


LAGOUSTE

Dessin de Claude Bascoul


[Les O.G.M. se sont invités bon gré, mal gré, dans la campagne présidentielle. Comme on n'en trouve pas que dans les champs de maïs, nous les avons traqués jusqu'au fond de l'océan. Suite à quoi, nous avons déposé sur le blog de José Bové cette réflexion en vers et contre tout... ]

 

                           C'était dans la torpeur d'une plage en été.

                           De gènes modifiés l'étrange nouveauté

                           Prit soudain corps, au gré de ma plume éblouie.

                           Cette image naquit dans mon âme ravie:

                           Je vis une langouste, au fond de l'océan,

                           Funeste créature au regard implorant,

                          Pour l'instant de sa mort, par avance parée,

                          Rougissant de se voir bientôt ébouillantée.

                          Elle tendait vers moi son doigt accusateur:

                          D'un horrible festin la langouste avait peur.

                          Non sans raison, d'ailleurs: on cuisine de même

                          Un crustacé de souche pure et l'ogéhemme.

                         « Faussaire de malheur! Mutant? Moi? Que nenni! »

                          Fait le homard furieux, des profondeurs surgi,

                          Pour cette fois, la coupe est pleine!

                          Ne touche pas son adéhenne,

                          Ou gare à ton fessier! éructe-t-il en rut

                          Toutes pinces dehors, sa large queue en luth.

                          En ce lieu, ma langouste est reine,

                          N'en fais pas... Madame Sans Gène.

                          S'esquivant, la langouste échappe au court-bouillon.

                          De ce conciliabule,

                          Au moins tirons quelque leçon,

                          Car, sur un tel sujet, le poète affabule:

                          Condamnant l'O.G.M., le homard a raison,

                          Plutôt que de muter, mieux vaut coincer la bulle.

 

                                                                          J.-C.B.

 

 

PostHeaderIcon Polémique

Re- l'histoire du cerf-volant...

   A propos du texte "Chute d'un cerf-volant"  (cf. rubrique "exercices de style") nous avons enregistré sur le blog les observations ci-après, s'adressant à l'auteur J.-C. BOYRIE, dit "Tintin":
"Monsieur,
  Nous avons eu  la mauvaise surprise de relever sous votre signature (ou pseudonyme) dans "Ateliersdecritscanalblog" un texte en vers intitulé "Chute d'un cerf volant" . Non seulement la forme générale de ce texte est étroitement démarquée du poème "l'Albatros" de notre aïeul Charles Baudelaire, mais deux alexandrins dont le célèbre "Ses ailes de géants..." ont été transcrits quasi littéralement sans citation de l'auteur. Le droit d'écrire (ou livrer ses fantasmes...)  sur un blog ne donne pas, Monsieur, celui de piller les classiques, et dans le cas présent de s'en prendre à un joyau de notre patrimoine littéraire.
  Nous vous invitons à retirer sans délai ce médiocre pastiche dudit blog, faute de quoi nous serions dans la regrettable obligation de vous assigner pour plagiat devant le Tribunal de Montpellier.
  Nous précisons en outre qu'en pareil cas, le Conservateur de la Galerie des Offices, à Florence, se joindrait à notre action judiciaire du fait que vous avez reproduit sans son autorisation "la Naissance de Venus" de Botticelli.
    Veuillez etc...

 

                                                                              signé: "Les Orphelins Baudelaire"

                           Réponse de l'auteur:

Messieurs:

 

    Je prends acte avec humilité du mauvais jugement que vous formulez quant à la qualité de ma contribution intitulée "chute d'un cerf-volant". Considérant que l'auteur (comme tout homme en général) n'est pas "bon", mais "perfectible", je ne doute pas pouvoir plus tard insérer, grâce à l'atelier d'écriture, de meilleures productions sur le blog.
   Permettez cependant que je réponde à propos du modeste emprunt que vous me reprochez d'avoir fait à Charles Baudelaire.
   Je conviens avec vous que nul n'est en droit, selon votre expression, "de piller les classiques".  Mais si précisément votre illustre aïeul est aujourd'hui catalogué comme "un classique", c'est qu'il fut en son temps considéré comme un provocateur.
    Plus près de nous, Eddie Mitchell va-t-il intenter un procès à notre amie Andréa, pour nous avoir fait répéter tous en choeur: "Pas de Boogie-boogie avant la prière du soir" (cf. rubrique "quatre éléments imposés")? Seul le Vatican pourrait (peut-être) y trouver à redire, mais sachant qu'il s'en commet d'étranges par là-bas, je lui conseillerais plutôt de s'abstenir.
    Quant à l'utilisation que vous me reprochez d'avoir faite d'une toile de Maître, je tiens qu'il serait tout  aussi vain de poursuivre Picasso pour avoir exécuté 147 copies différentes des "Ménines" de Vélazquez, toutes aussi irrévérencieuses les unes que les autres, ou de critiquer les peintres surréalistes d'avoir (Dieu sait pourquoi) pris pour cible "l'Angélus" de Millet.
    Certains se souviennent qu'en mai 68, nous proclamions dans les rues: "Nous sommes tous des Juifs allemands". Aujourd'hui, nous dirions, tout aussi haut et fort: "Nous sommes tous des orphelins de Baudelaire".

           Sur ce, Messieurs les censeurs, je vous tire ma révérence.

                                                                                                                                 Tintin.

                                                                         
   

PostHeaderIcon Lapin, amour & fantaisie

Lapin, amour et fantaisie:

PIE

Pour ton Blog, une blague: il était une fois
sur un ArTbre, une pie.
Un lapin, l'air matois,
reluque un papillon qui, pour sa douce amie
fredonne des vers en sous-bois,
genre plutôt: « Lapin, amour et fantaisie! »
Quiconque papillonne est volage... parfois,
un vent de jalousie
souffle sur ce ménage à trois.
Le trio sacrifie
à ce rite nouveau,
passe-temps très en vogue:
d'un bogue sur la Toile, il se prend au panneau:
« Je pense donc je suis, je rime donc je blogue! »
Le show du chaud
lapin, d'un drame est le prologue.
Du rongeur comme de l'oiseau
l'insecte se méfie,
va de la plume au poil, et du bec au museau,
pie et lapin défie!
A force de jouer, il a le bec dans l'eau...
- le jour d'avant, la pluie
a fait un marigot,
habitat amphibie,
flasque flaque où le lapin lapa
goulûment, c'est folie!
Car aussitôt
je ne sais quelle obscure frénésie
anima le rapace avide de l'appât...
Mais quelle envie
avait le papillon de venir voler là?
Dure vie!
Quand tout près de son bec le papillon vola.
l'insecte à temps dévie....
Peu s'en était fallu que l'oiseau le happât.
Mon histoire est finie...
Morale: quel appât que la pie n'happa pas!

Tintin, 23-02-07

PostHeaderIcon Un nénuphar vit dant mon lit, par Christine Jouhaud Mille


Un nénuphar vit dans mon lit,
Il en prend tout l’espace,
Le soir voulant me coucher
Je dois l’amadouer
Le flatter avec emphase
Lui répondre,
Comme le miroir de ce conte la belle au bois dormant
Oui ! Cher nénuphar tu es le plus charmant.
Et je répétais chaque soir
Comme un ostinato
Qu’il était sans égal le plus beau
Si mon œuvre était à la mesure de son attente
Alors, j’avais droit à un petit coin de lit pour sommeiller
Sommeiller c’était bien cela la torture de ma nuit
Et lorsque ma chère plante
Remplissait la pièce de ses ronflements sonores
Alors, ingénument et avec désinvolture
J’inventais un sommeil ou le rêve
D’une course avec saut d’obstacles
Me faisait jeter d’un mouvement large,
Mes deux jambes en avant
Elle se retrouvait en bordure du lit
S’accrochant aux draps comme une furie
Et invariablement nous nous lancions des adjectifs
Coquin poussif
Plante vaniteuse
Pourtant à chaque fois sans que je comprenne comment
Nous nous retrouvions enlacés et réconciliés
Dans l’espace de ce lit qui nous était réservé