PostHeaderIcon Le zoo de zélie, par Michelle Jolly

Le zoo de zélie
dans sa tête enfermé
zoome en boucle
car, petit tout petit
dans sa tête butée
zélie cache un zoo

un héron hésitant
un paon effarouché
un loup, une tortue
des ibis étonnés
et dans un coin cachés
deux pigeons, surveillant.

Et Zélie s'y promène
fouillant l'eau de son bec
héron cherche sa patte,
il hésite, surpris
ce héron hésitant !
Du zoo de zélie

le paon qui se retourne
soudain est pris de peur
les yeux de son plumage
le fixent durement!
Derrière sa cabane
rêvant de silence
le loup à crinière
se cache, prudemment

le zoo de zélie
est petit, tout petit
et la tortue, curieuse
dans sa maison cloitrée
trouve une fenêtre, qu'elle ouvre, doucement;
cous tendus, rouge sang, les ibis, enfermés,
guettent une pyramide, au loin vers le levant;

au dessus du zoo
avec beaucoup de zèle
les deux pigeons surveillent
et zélie rassurée
s'endort , la tête dans les plumes
son rêve la berçant.


PostHeaderIcon La douceur de son retour

J’étais rentré sans faire de bruit dans le salon, attiré par les notes de musique du piano. Depuis combien de temps n’avait-elle pas joué ? Pourtant ce soir, elle avait repris cette place qu’elle aimait tant. Ses doigts parcouraient les touches ivoire et ébène avec grâce. Malgré le temps, ils n’avaient perdu ni leur agilité ni leur virtuosité.

Je m’installai dans le fauteuil près de la baie vitrée entre-ouverte du salon.  La pluie tombait. Les gouttelettes de pluie accompagnaient harmonieusement la mélodie qui s’échappait du piano.  Le petit air frais qui s’infiltrait par l’interstice de la baie vitrée emplissait lentement le salon de l’odeur humide de la forêt.

Je ne faisais aucun bruit, je respirais doucement de peur d’interrompre le charme de cet instant. La lumière tamisée des lampes que nous avions ramenées d’un de nos nombreux voyages en amoureux, donnait une ambiance feutrée, rassurante et chaleureuse.

Elle guérissait, j’en étais sûr maintenant. Demain, le soleil reviendrait dans nos vies La mélopée plaintive du début faisait place à une ballade amoureuse. La vie reprenait, le mouvement s’intensifiait, l’atmosphère du salon se réchauffait au fur et à mesure que le rythme des notes s’accélérait. La vie revenait chassant cette tristesse qui l’avait prise, cette mélancolie qui s’était insinuée sournoisement dans nos vies un beau jour sans que j’y prenne garde au début. Son regard avait changé au fil du temps pour s’affadir peu à peu. Ses étreintes s’étaient attiédies jusqu’à devenir indifférentes me laissant malheureux et désemparé. Elle était devenue sourde aux suppliques de mon cœur qui se désespérait du silence dans lequel elle s’enfonçait chaque jour davantage. Même son cher piano était devenu silencieux.

Elle plaqua les derniers accords. Elle tourna son visage vers moi. Elle me voyait à nouveau. Elle se leva et vint se glisser contre moi tendre et câline. Elle était enfin revenue.

PostHeaderIcon Animots, par l'atelier Théâtre et Histoires

Animots

Poèmes sur les animaux,

Ecrits pour la fête de l’ADRA du 14 juin 2008 par l’atelier Théâtre et histoires (8-13 ans)

Le perroquet

Le perroquet fit du hockey et quand il en fait il a le hoquet.

Quand il a le hoquet il change de couleur et devient violet.

Il a un bec plumé, une crête volée et une queue maronnée.

Il danse la holé !Wa lé lé !

Il habite le palais salé.

Il n’aimait pas les balais rayés, mais il aimait le poulet grillé.

Il aimait patiner dans la journée avec Noé.

Voilà c’est moi CHLOE le perroquet OK ?

Lou

Le zèbre

Le Zèbre a une grande mâchoire

Et des rayures blanches et noires

Il habite une maison noire

Pleine de miroirs

Et il aime faire de la patinoire

Dans le noir

Avec Victoire,

Dans le couloir,

Il se cache dans les armoires.

Il aime danser avec des foulards

Sur le trottoir.

En riant, il fait de la balançoire.

Le zèbre a une grande mâchoire

Et des rayures blanches et noires.

Et c’est la fin de l’histoire…

Juliette

Les aristochats

Le chat pompier

Le chat, ce pacha… Il y en a beaucoup au Canada, des chats ! Il était une fois un chat. Il s’appelait justement Canada. Un jour il s’attacha à un homme, qui l’adopta. Il se nommait Alexis. Le chat était très curieux, comme tous les chats d’ailleurs. Un jour, il alla dans une caserne de pompier. Canada se fit adopter comme chat de garde, car il était très courageux. Alexis serait triste, mais quand il apprendrait ça, il se ferait sûrement pompier, pensa Canada.

Léonie.


Les grenouilles…

Les grenouilles ont un joli coassement,

Charmant,

Calmant

Et assommant…

Ma grenouille à moi

Qui s’appelle Anna

A rencontré une oie

Qui mangeait un vers à soie…

Rapidement, je la rappelai à moi,

Avant que l’oie

Ne la dévorât…

Mais trop tard !

Au revoir,

Anna…

Les grenouilles ont un joli coassement,

Charmant,

Calmant

Et assommant…

Amélie

Les puces savantes sont très émouvantes, mais vraiment polluantes. Surtout quand elles inventent des recettes croquantes.

La gouvernante des puces savantes ordonna à ses cinquante servantes de lui inventer un sirop à la menthe qui favorise la détente. Mais, pour qu’il ait une entente entre les cinquante puces savantes, il faut qu’aucune puce ne soit polluante… Seulement aucune puce n’y attacha grande importance. Une puce mâle galante invita à danser une puce servante assez marante, nommé Amarante.

Alors, au lieu de préparer le sirop de menthe, toutes les puces savantes prirent part à la situation tentante, celle de danser avec les puces mâles, galantes. La cuisine se transforma en salle de danse.

Mais une puce très méchante alla avertir la gouvernante. Prise d’une colère enivrante, celle-ci entra dans la cuisine et décida alors de la sentence. Elle décréta que brûleraient toutes les puces savantes, sauf la traîtresse puce méchante.

Contre cette décision révoltante, les puces savantes emprisonnèrent la gouvernante et la puce méchante.

Alice


Le dragon

Le dragon

Dit-on

Est un être plutôt bon…

Celui-ci a fait de belles actions

Et vit dans un wagon.

Il brûle tout sur son passage.

Malgré son jeune âge

Il a fait un héritage :

Celui d’être anthropophage.

Il ne mange que le brûlé

Et seulement provenance Forêt :

Des plats bien mijotés,

De légumes accompagnés.

Un jour, sur sa maison branlante,

Fonça une locomotive fumante…

Le dragon fit une fin crépitante.

Voilà une fin digne de lui.

Il fut enterré sous un buis…

Louise

Il était une fois un pivert

Qui était bien amer…

Parce qu’il vivait au-dessus de l’atmosphère,

Bien au-dessus des arbres verts.

Il atterrit un jour dans un belvédère

Chez une boulangère.

Elle lui récita des vers d’Homère

Qui le rendirent encore plus amer.

L’Odyssée était trop salée,

La salière sentait trop la mer,

Trop de mer, trop d’amer

Pour faire une belle volière.

Le pivert préféra une autre ménagère

Qui au moins n’avait pas de salière…

Mais pour le garder, elle

Renversa du sucre sur sa queue claire.

Alors il appela à l’aide sa grand-mère

Pour retourner au-dessus des grands arbres verts,

Dans la stratosphère.

Là, il se fit un beau trou d’air

Dans un cumulus cumulaire…

Dans un stratus numbus cumulaire…

Clément et Marien

PostHeaderIcon Poème du jour (de pluie) Carole Menahem-Lilin

-         Plaît-il ?
-         Il pleut.
-         Pleut-il ?
-         Il bleute.
C’est un bleu de saison
Tout mouillé d’échassiers
Brouillard monté sur des échasses
Pour éviter les flaques…
-         Flaques, dites-vous ?
-         Je dis flasques et je dis floc.
-         Mais alors il flotte !
-         Ah ! c’est vous qui flottez.
-         Comment dites-vous ? Je filote ?
-         Filoutez-vous ? Vous m’énervez.
-         Je vous nervoche ? bon alors je filoche.
-         Ne partez-pas si vite ! je me suis mocheté, je vous ai amoché. Je m’en vais m’excuser.
-         Scusenez-vous bien vite. Il floque, il flaque, je m’en vais m’abriter.
-         Vous briser vous allez ?
-         C’est cela, vous m’avez.

Excuses de saison
Lourdes d’échéanciers
Montées sur des échasses
pour éviter le floc
je vous ai assenées.

PostHeaderIcon Echos d’automne… Carole Menahem-Lilin

Dans les corridors longs

Où roulent les octobres

Où soufflent les violons

Asthmatiques et les cordes

Enrouées de nos averses

Les revenants

De nos tout revenus

Se déversent.

Les prévenus

Les n’y revenez-plus

Les métrologues

Métronoment.

Dans les corridors longs

De nos mémoires novembre

Saisis on se regarde

Dans leurs yeux automner.

On fait silence

On se souvient.

Nos amours ridés nos écorces

Et nos fruits détrempés

Roulent à leurs pieds revenants

Crissent sous la craie

De  leurs enfances fantômales

Orpailleurs ils vont au pillage

Dans le désordre aurifère

De nos illusions tombées.

Fantasmes charencés

Leurs tamis sont troués.

Tandis que sous le pont de leurs bras passe

De nos désirs anciens l’ombre trop lasse

Des crues gonflées d’automne se préparent pourtant

Des rafales de sens

Toutes agitées d’idées

Des membres impétueux d’odeurs

Des humus des fougères

Des chanterelles d’humeurs

Des chantaignes brillant dans leurs bogues

Des raisons raisinantes

Des vendanges majeures

Pour nos corps échansons.

Dans le creuset tonal

Dans nos mémoires novembre

Dans les corridors longs

Où roulent les octobres

Nous fomentons déjà

L’alcool secret

La note haute

La chair polyphonique

Et le chant polymorphes

De nos devenirs.

Et nos devenants

Dans les corridors rouges

Où soufflent les violons

S’écoutent commencer

S’entendent

Automner.

PostHeaderIcon Erotizme en Arizona, par Andréa

Erotizme en Arizona

Ou

Erotizme au Dézert

Texte qui zozote

I

Arizona sans horizon

Zorro zombie sous ciel zébré

Dérizoire il zig et zag

Entre rhizomes et tchorizo.

II

Une fille atomique

Bombe à retardement

Robe volubilis

Au parfum zézifiant

Traversait la rizière

Zig et Zag balançant

III

Canon était la fille

Révolvers étaient ses zieux

Ilz électrizent Zorro

Court-circuitent Zig et Zag

IV

Immoralité :

Effeuillage s’ensuit

L’enrobée se dérobe

L’Artilleur déconfit

Redevenu zombie

Jusqu’au dézert s’enfuit…

Andréa

PostHeaderIcon Erotizme au dézert

Erotizme au dézert

Souvenirs très passés,
Présente souvenance,
D'un temps futur pressé,
Je chante la romance:

Non loin de Zabriskie
Dérisoire horizon
D'Arizona, zombie
Rit zaune sans raison.

En ce jour de non-fête,
Pourquoi le ciel de lit
Me tombe sur la tête?
Ô ciel! C'est mon mari!

La fille est pneumatique,
Canon, mini-jupée,
Douce-mousse. Musique,
Hélas, accompagnée.

Sourire de Joconde
Affriolant, pervers.
Mona Lisa! Le monde
Moralise à l'envers....

Robe à flirt volubile,
Au frou-frou mal appris.
Qui vire-volte, habile,
En les volubilis?

Il n'est maille qui m'aille:
Enfiler, dérobée
La rue passe-muraille
Torve et mal embouchée
.

J.-C. BOYRIE

EROTIZME

PostHeaderIcon La fine Amor


             
             
  La fine amor


LUTH


L'amour mu-ant/ mon amie en murmure
A re-mué/ mo-on âme sans retour,
Enamourant /en-en printanier atour
Arbuste en fleur/ jusqu'à moindre ramure.

Las, noire humeur/ coeurs mure en solitude,
En amertume/ et fa-atal désaccord
Détourne sans/ re-etour la « fine amor ».
Il n'est de feux/ que n'éteint l'habitude.


             
             

             
             
             J.-C. Boyrie

sur un thème de la Renaissance: « L'amour de moy »
(=
classique des chorales). (/) indique la césure, (a-a) marque les
voyelles doublées, le (trait) souligne les syllabes longues. Illustration: Livres d'Heures de la Vierge, parchemin de 1515 New-York, PML.

PostHeaderIcon La Muse Azimutée

HYMNE A LA MUSE AZIMUTEE

Calme Mu-se,
Hu-me l'air silicaté
D'émaux et camé-ées qui s'u-u-u-u-sent.

Tu t'amu-ses
De la musicalité,
De mots de camé-és profu-u-u-u-se.

Décatie, de lacs en cimes mutée,
Tu simules la cuite au muscat attisé-é-e,

Tu refu-ses:
Thé, malt et muesli musclé,
Mets délicats pour la Muse
Azimutée.

Stimuli haletants, maux simulés!
Sel aux cils, nez, face camu-se
Te voici, tu l'avais bien mérité,
En l'asile alitée, ô ma Mu-se

Mais j'abu-se
De mil-le mots mutilés,
Pour te salu-er, ma Mu-u-u-u-se!


            
                                                    J.-C. Boyrie.

Sur un thème musical tiré du « Choeur des Hébreux » de « Nabucco » (Verdi)
« Va pensiero, sull 'ali dorate »
Voir aussi: « Quand je chante, je chante avec toi liberté... »
Nana Mouskouri, P. Delanoë, C. Lemesle, réalisation André Chappelle, 1981.

PostHeaderIcon Jouer avec les sons, explications

Jouer avec les sons :

La langue est matière musicale, rythmes, répétitions, assonances... Il y a plusieurs manières de jouer avec les sons. Voici quelques propositions :

- Notez tous les mots qui vous viennent contenant au moins un son identique, en commençant par les homonymes.

- Prendre un mot long, comme génération, musicalité, arborigène, les découper en sons et syllabes, et noter tous les mots qu'on peut former avec ces syllabes.

- Avec les mots ainsi découverts, en n'ajoutant qu'un minimum d'autres mots, créer un texte.

- Avec les mots découverts, mais en ajoutant d'autres mots à volonté, créer un texte.

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