PostHeaderIcon Un chevalier coiffé en brosse, Marcelle Laurent

 

Un chevalier coiffé en brosse.

 

- Un chevalier coiffé en brosse ? Franchement, Mamie, tu crois que ça existait, la brosse, à l’époque des chevaliers ?

- Evidemment ! Tu sais, la mode ça passe et ça revient.

- Je croyais qu’ils portaient des perruques? S’étonna Alice.

- Seulement quand ils recevaient, ou à la cour. Dessous, ils avaient les cheveux courts, pour avoir moins chaud.

- Mais…commença Alice.

- Tenez, je me rappelle que mon arrière grand- mère…

- Elle avait les cheveux en brosse ? S’informa Xavier.

- Nooon ! Mais elle disait avoir bien connu un chevalier ! Pas n’importe lequel, son préféré, celui dont elle avait appris l’existence au CM2.

- Mais y en avait plus quand elle est née ! Protesta Xavier.

- Ecoutez, au lieu de m’interrompre tout le temps ! Le chevalier préféré c’était le fameux Sieur Bertrand Du Guesclin !

- Allons bon !

- Si ça ne t’intéresse pas, Alice…

- Fais pas attention à elle Mamie, raconte.

Donc, ma grand-mère devait avoir la soixantaine, quand, pour aller faire un tour, elle avait « emprunté »  la bicyclette du curé, sans le lui demander, bien sûr ! Mon aïeule, qui portait le délicieux nom d’Hélène adorait la campagne et s’y promenait souvent, parfois même à quatre pattes, à l’affût du moindre signe de vie. Cette fois, pour éviter un adorable crapaud, elle était tombée lourdement sur le sol. Alors qu’elle reprenait ses esprits, une haute silhouette en armure debout devant elle lui avait demandé:

- Vous n’êtes pas blessée?

Il avait une voix basse et profonde. Son armure, toute cabossée, était rouillée un peu partout.

- Un tas de ferraille quoi ! Conclut Xavier.

- Je dirai, en mauvais état, car dès qu’il esquissait un mouvement, ça cliquetait de partout, comme les chaînes des fantômes !

Mais, avait raconté Hélène, ce cliquetis c’était comme une musique, comme un doux murmure entre lui et elle !

- Un bruit de chaîne c’est horrible, ça fout la trouille ! Rétorqua le gamin.

- Hélène n’avait pas eu peur, et l’homme en habit de guerre s’était incliné tant bien que mal, en se présentant :

- Sieur Connétable et preux chevalier Du Guesclin. Pour vous servir, gente dame.

A peine interloquée, elle avait répondu : Hélène Flore, une admiratrice du Grand Bertrand que vous fûtes !

Il avait porté la main à son front pour repousser le casque en arrière et il sembla à Hélène que le casque était vide, même si elle le sentait étrangement habité ! Hélas, la visière s’était refermée en claquant, le faisant sursauter et il avait crié : « Vertudieu, Sal……d’armure ! »

 Hélène s’était imaginée qu’il avait les yeux noirs.

- Tu parles ! Depuis le temps qu’il était mort, il ne devait rester que les trous !

- Tout à fait. Il sentait aussi fort le tabac, un tabac sucré au goût de pain d’épice que la charogne. Mon aïeule eut un haut le cœur ! Elle lui demanda ce qu’il venait faire en ce début du XIX siècle, tout en se déplaçant pour éviter son affreuse odeur.

- Voilà ma requête… (Il paraissait tout intimidé). Dans mon éternité maussade, je voudrais que mon père m’acceptât enfin tel que Dieu m’a fait et, et… être aimé des vierges qui attendent, dit-on, les braves au paradis !

- Pour votre père, je ne puis vous aider… mais pour les vierges, si vous n’êtes pas pressé…

Et d’un pas alerte, elle l’avait conduit au garage le plus proche. Il en était ressorti une heure et demie plus tard dérouillé, brillant comme un sou neuf. Il ne  grinçait plus comme une porte de prison, il fleurait bon l’antirouille et avait froid ! Alors elle le mena tout droit chez « Mardat » (connu actuellement sous le pseudo de « Damart »). Il en revint vêtu d’une cote de maille ultrachic, doublée d’un chaud molleton en laine des pyrénées.

Avec patience, Hélène lui enseigna les bonnes manières, lui apprit quelques poésies, lui fit chanter des ballades du temps jadis et même, le fit danser ! Ce fut pour Du Guesclin bien plus compliqué que de manier sa lourde épée ! Mais il était tenace et, ayant accordé sa confiance à mon aïeule, il suivit ses conseils avec bonne humeur. Un jour, il ne reparut pas.

- Elle ne l’a jamais revu, après? S’inquiéta Xavier.

- Jamais ! Il arrivait qu’elle perçoive des galopades, ou des rires juvéniles.

- A cause des jeunes vierges ! dit le gamin en hochant la tête.

- Tu ne vas pas croire cette histoire quand même ? Protesta Alice.

- Eh bien, croyez le ou pas, dans le château des Du Guesclin près de Dinan, Bertrand a disparu du tableau qui le représentait ! Le cheval du preux chevalier est désormais tout seul, en plein milieu du champ de bataille !

 

12 Décembre 2008


PostHeaderIcon Sous le portillon de ma mémoire, par Jacqueline

SOUS LE PORTILLON DE MA MÉMOIRE ……….

Sous le portillon de ma mémoire dépassent des filaments verdâtres munis de quelques feuilles.

Mon jardin secret aurait-il une fissure? C’est j’y cultive mes souvenirs. Cultiver, pas exactement, disons plutôt que je les entrepose et que je les entretiens de mon mieux à l’abri des virus de l’oubli.

Les remèdes contre l’oubli ? Il y en a plusieurs, plus ou moins efficaces. Les photos, par exemple, ça aide beaucoup, c’est comme un herbier. L’inconvénient c’est qu’elles perdent de leur pouvoir avec le temps. Elles se fanent, les couleurs s’estompent, les références s’en effacent et on ne sait plus à quel lieu, à quel personnage elles se rapportent. C’est ennuyeux car si on mélange on fabrique des chimères monstrueuses. C’est pareil pour les films, on ne peut pas compter sur une conservation éternelle.

Il y a aussi les réunions, d’amis, de famille, d’anciens de ceci ou de cela. A plusieurs  on rafraîchit les vieux plants qui s’étiolent. Il faut tout de même se méfier car chacun arrive avec son point de vue initial, qui n’est pas tout à fait le vôtre, mais de plus chacun a entretenu son jardin à sa façon. Des rameaux se sont perdus, des couleurs ont changé, ils n’ont pas tout apporté, ils cachent certaines parties. Et puis ils se contaminent les uns les autres, ce qui fait que, rentré chez vous, la réparation que vous souhaitiez devient un bricolage décevant.

Finalement, le mieux est de faire tout par soi-même. Par exemple faire des évocations, régulières comme des arrosages, des repiquages s’il le faut, afin de réactiver l’ensemble par fragments. Comment se passe une évocation ?  Il y a des mots clés, sortes de mots de passe qui vous transportent derrière le portillon, à l’endroit juste correspondant à ce mot.

Parfois je les choisis moi-même, tout exprès, à propos d’un travail, d’un texte à écrire. Selon les cas quelquefois simplement pour me faire du bien.

La plupart du temps le déclic surgit à l’improviste, ça ne manque pas de charme sauf si le souvenir est amer.

Toutefois, n’essayez pas de ‘’rafraîchir’’ un souvenir en le confrontant à la réalité.

C’est comme sortir une plante de son étagère dans la serre et l’amener un peu à l’air libre, elle peut ne pas le supporter.  Vous pensiez posséder une chose  précieuse que vous connaissiez parfaitement, dans les moindres détails, et voilà que la crudité du réel la rend toute petite, fade, pas unique du tout. Et alors ? Elle se recroqueville, devient malade et fragile. Ça arrive souvent avec les souvenirs d’enfance, j’ai entendu plus d’une fois les gens se plaindre que le souvenir de la maison qui leur avait parue si grande, du jardin qui ressemblait à un parc n’avait pas résisté à un pèlerinage sur les lieux.

Tenez, regardez ce coin si bien entretenu que tout y paraît récent, vivace, avec des feuillages luisants, des pétales pulpeux, des tons lumineux. Ce sont mes pièces les plus chères, les plus souvent visitées, et presque toujours consciemment, par ma seule volonté. Ce sont les découvertes, les premiers émois, les premières fois : la minute précise où mon bébé a glissé de mon corps vers son premier jour – la soirée où l’amour est devenu une certitude juste à cause d’une main qui a saisi la mienne d’une certaine façon. Tout est là, la lumière, le décor, les sensations, comme neuf, sans nostalgie ni regrets.

Par contre, là bas, au fond, une zone où on voit bien que je ne vais pas souvent. Le sol y est sec, les fleurs flétries, les feuilles poussiéreuses. J’y ai avec rage enfoui tout ce dont l’évocation me fait souffrir. Pas seulement de mauvais souvenirs, des bons, des très bons aussi, mais qui donnent la mesure de l’absence, de la disparition, du temps qu’on ne rattrapera jamais. J’ai beau m’arcbouter pour leur fermer l’accès à ma conscience, ils sont comme une matière radioactive dont on ne peut juguler le rayonnement. Ils s’insinuent dans les rêves, marquent des lieux dont on ne se méfie pas, imprègnent des objets d’apparence anodine : une pipe ensevelie dans un recoin du grenier  - un vieux pull au fond d’un carton à chiffons…....Heureusement, comme toute radioactivité, l’intensité s’atténue avec le temps et ces réapparitions deviennent plus tolérables.

Ah ! Voilà des mauvaises herbes, n’en tenez pas compte, ce sont des intrus. Ces souvenirs là ne m’appartiennent pas, ils sont suggérés, voire imposés par les autres, la légende familiale souvent fallacieuse, les hauts faits – ou les méfaits – racontés après coup : alors un jour tu as dit à ta maîtresse…. – le vase de tante Agathe, c’est toi qui l’as cassé….Mais ce n’est pas moi, c’est mon frère ou mon cousin ou encore personne ! Je n’arrive pas à les éliminer, de toute façon ils figurent sans doute dans d’autres mémoires auxquelles je n’ai pas accès.

Attention ! Ne dérangez pas ces brindilles amassées en petits tas. Je les appelle les ‘’souvenirs puzzles’’. Ils sont morcelés, tronqués, il faut se mettre à plusieurs pour en reconstituer l’intégralité : je me rappelle le mariage de Chose, mais c’était quand ? – comment s’appelle-t-il le cousin de Machin ?....Certains resteront à jamais incomplets car ceux qui détiennent les autres morceaux ont disparu.

Et maintenant arrêtons nous un moment. C’est le seul arbre de tout le lot, le seul endroit un peu organisé. Voyez comme il a un vrai tronc robuste et comme ses branches forment une belle charpente. C’est mon arbre du savoir. Je voulais le nommer arbre de la connaissance, mais c’est déjà pris avec une autre acception. Restons donc modeste.

Le tronc est fait des acquis de base depuis le plus jeune âge, les alphabets, les chiffres, la manière de s’en servir, grammaires, formules. Puis des rameaux se sont développés  dans de nombreuses directions, devenant branches de plus en plus solides.

Ici la branche des sciences, j’y venais souvent autrefois, mais voyez tous ces trous blancs sur les feuilles ? Il m’est de plus en plus difficile de faire une reconstitution complète, c’est déconcertant et inquiétant.

Là, ce qui est plutôt littéraire. C’est bien garni, n’est-ce pas ? J’y apporte sans cesse de la matière nouvelle, l’âge ne fait rien à l’affaire.

De ce côté moins touffu, les acquis en musique et arts plastiques. Ma mémoire les digère mal, je ne sais pas pourquoi. Sans doute ne sont-ils pas assez reliés au tronc, j’ai remarqué que si la sève ne provient pas des plus lointains acquis la croissance est limitée. Ce qui me rassure c’est que les rameaux s’enchevêtrent et qu’ils s’enrichissent entre eux.

Ne restons pas là ! Vous finiriez par remarquer tous les manques et me faire honte. Contemplez plutôt cet énorme massif, cet amoncellement, ce pêle-mêle buissonnant.

La somme de tout ce qu’on peut enregistrer comme sensations, parfums, sons, images, le croassement des grenouilles dans la nuit martiniquaise, la lavande de Provence, le rouge sang des calanques, les lacs gelés des montagnes corses…..

Bien sûr, je ne cite que le plus ’’joli’’ pour faire ‘’poétique’’,  il y a aussi des horreurs ! Mais quoi, je ne peux pas tout montrer en un seule visite, après tout chacun a son intimité, et d’ailleurs moi-même je suis incapable d’en faire un inventaire complet.

Le charme de cet espace tient justement à son désordre apparent. Je dis apparent   car ce chaos est en perpétuelle évolution, il se passe là-dessous des greffes spontanées, des multiplications inattendues, des pollinisations sauvages, le stolon se faufile, le rhizome se divise, le marcottage essaime…

Chaque évocation peut donner des résultats surprenants, souvent réjouissants et créatifs. Par exemple je respire un parfum de  buis après une journée de soleil et ressurgissent d’un seul coup : les promenades le soir pendant les vacances en Provence et aussi l’odeur de la lavande qu’on distille fin septembre et aussi la fraîcheur du Verdon sur les roches blanches, et aussi la salle du petit Casino familial où j’ai tant dansé, et aussi les copains de l’époque et les adultes qu’ils sont devenus, et le bureau du grand père, son fusil de chasse, son chien………..Et un autre jour ce peut être tout autre chose.

Il ne faut pas que je me laisse aller ! Retournons dans le présent. C’est le danger des balades dans ce genre de territoire, on se laisse aspirer par les côtés agréables, on plane….et le retour est dur ! J’ai souvent envie de me vautrer dans ce tas indistinct, d’aller et venir dans le passé, de rêver et peut-être est-ce là que je voudrais m’endormir pour la dernière fois.

Excusez-moi d’une visite aussi brève, mais, Docteur, vous êtes le seul  à qui j’ai jamais permis d’entrer. Attention, je referme.

Peut-être saurez-vous répondre à cette question.

Tout ce que nous venons de voir a-t-il une existence réelle ? A chaque évocation on regarde ce qu’on croit être le passé mais avec le regard d’aujourd’hui. Y a-t-il une vérité indépendante de ce regard ?

De toute façon ma mémoire disparaîtra avec moi, les quelques boutures que j’ai pu donner ici et là prospèreront dans d’autres terrains et se métisseront avec d’autres mémoires. Cela peut-il faire une continuité ?

Alors, sous le portillon de ma mémoire, quels sont ces trucs qui dépassent ?

C’est un peu pour ça que je vous ai appelé et entrouvert cette porte. En y réfléchissant, je crois avoir compris que ce sont des souvenirs qui ne sont pas des souvenirs, qui ne sont pas admis dans une mémoire. Ce sont des faits qui, à peine accomplis, sont attaqués par le virus de l’oubli : j’ai posé ce livre tout à l’heure, mais où ? – j’ai rencontré une amie ce matin, impossible de me rappeler son nom – j’ai appelé ma fille, je me suis trompée de numéro……

Docteur Aloys, venez moi en aide………….

                                                                                  Jacqueline – novembre 2008

PostHeaderIcon MONOLOGUE, par Nicole

J’ai encore une chose à dire, oui c’est sûr c’est la dernière.

Vous ne me croyez pas ? Je dis ça à chaque fois ? … Et repars de plus belle.

Vous exagérez, je ne monopolise pas la parole ! Si ? Vraiment ?

Vous me vexez ! Eh bien je me tais… Quoique j’aimerais bien dire cette dernière chose.

Mais non, je ne veux pas vous fâcher, je me tais.

Que c’est difficile de se contenir quand on a quelque chose à dire !

N’êtes-vous pas curieux de ce que je ne dis pas ?

Vous me dites de me taire ! Mais je ne dis rien puisque je ne dis pas ce j’ai à dire !

Êtes-vous conscient de votre mauvaise foi ?

Sans doute pas. Tans pis pour vous, vous ne saurez rien !

Nicole, octobre 2008

PostHeaderIcon Gaspard, par Thérèse Françoise Crassous

                               Gaspard derrière son comptoir écoutait d’une oreille distraite au jux-box la rengaine de l’été « Un petit oiseau, un petit poisson s’aimaient d’amour tendre »... Il s’imaginait être l’acteur adulé de ces dames car sous sa carapace bourrue il avait le cœur sur la main et aurait voulu être un artiste. Il se voyait sur une scène où il déclamait une drôle de pièce : son voisin, le facteur, un peu fou, en chevalier coiffé en brosse, tenait par la main un enfant-ours ou  un enfant-tortue mais qui riait qui n’en finissait pas de rire. Et lui, les bras ballants, ne se souvenait plus du premier mot de son texte. Il se transformait alors en fourmi de 18 met se cachait, rouge de honte, sous un nénuphar. Mais, mais !!

-. A l’horizon tout est possible pensait-il

                 A ce moment une sonnerie bizarre tinta. Une dame avec un caniche blanc, collier de diamants, marche à petits pas vers lui. On aurait dit sa grand-mère qui dormait tout éveillée. Elle dormait bien depuis 100 ans tellement elle paraissait vieille, aussi vieille que son grand-père qui, lui, ne dormait jamais. Petit, en costume d’astronaute, son grand père l’emmenait avec lui au parc et le présentait à tout le monde. Il répétait constamment :

-  Il deviendra quelqu’un ce petit bonhomme !

Cependant il était toujours dans ce bar, d’accord un bar pas comme les autres puisqu’il attirait les comédiens du Moulin Rouge et de Montmartre,  au décor du siècle passé rideaux rouges en velours, nappe à pompons. Il y avait même une estrade dans la pièce à côté pour les répétitions de ces messieurs. Mais lui, rêvait sans jamais le  leur avouer de monter sur les planches. Il rêvait pour le moins d’accomplir de grandes choses.

                Justement, son grand père lui avait donné, pour ses dix ans,  une noix  en avertissant :

- Tu en feras sûrement quelque chose de remarquable !

                Une noix ? Mais qu’y avait-il à l’intérieur d’une noix, qu’est-ce qu’on y voit quand elle est fermée ? Il y voyait des choses étranges où il était la coqueluche du tout Paris. On se pressait, on l’ovationnait ! Aussi derrière son bar en essuyant  les verres, s’était-il remémoré un beau jour

- Que faire de la noix de grand père ?

                Il prit un verre assez grand, un verre de limonade, y façonna un corset en dentelle de papier, y versa un doigt de grenadine, un dé à coudre de cherry, un cercle d’orgeat blanc,  dessus de la menthe verte puis une rasade de champagne. Il y glissa un cerneau, un seul cerneau qu’il laissa macérer quelques instants et au dessus  de la préparation devinez ce qu’il ajouta ! Après l’avoir fait bien mousseux, un cône de crème chantilly. Et cerise sur le gâteau, des pastilles multicolores d’écorces d’oranges et de chocolat. Une perfection !!!

                Voyez-vous c’est cette recette là qu’il fit alors sans y penser qui lui valut un grand succès. Il devint pour de bon la coqueluche du Tout Paris.

                Toujours derrière son comptoir, il écoute d’une oreille distraite cette chanson « un petit oiseau, un petit poisson s’aimaient d’amour tendre » qui lui donne l’inspiration de nombreux autres coquetels.

                        Thérèse-Françoise Crassous-20 octobre 2008

PostHeaderIcon Dans un coin de ma tête, par Yves Martin-Guillou

Dans un coin de ma tête les araignées tissent leur toile.

Sont-elles au plafond ??

Dans ce coin de ma tête je me suis mis au piquet pour me concentrer, rassembler mes idées, mais il fait trop sombre dans ma tête au carré.

Les eaux des idées noires glissent vers le coin de ma tête, me submergent, m'engloutissent.

Et si je tourne la tête, c'est l'autre coin qui se cogne. Les pensées roulent vers lui avec fracas et se brisent.

Je suis désorienté, je cherche à tâtons une issue à mon histoire et j'en deviens marteau. A qui vais-je river son clou ?? Je m'y prends comme un manche, impossible de balayer ces idées noires.

« Fais le vide! » me dit-on. Oui, mais alors les coins vont se rapprocher et je vais être écrasé entre les parois!!

Tout compte fait, je préfère avoir la grosse tête. Peut-être que les coins disparaîtront.

PostHeaderIcon Dans un coin de ma tête... Par Véro

Dans un coin de ma tête, il y a des mots…. Des mots tendres qui se cherchent , s’acoquinent et s’envolent, tranquillement

Des mots intrépides, qui se bousculent, se cognent et s’entrechoquent, comme des papillons dans un bocal enfermés…et puis il y a ces mots lourds, gonflés de larmes, des mots qui collent au fond et rendent les nuits interminables….

PostHeaderIcon Je t'ai cherchée partout, par Véro

Je t’ai cherchée partout, j’ai cru reconnaitre ton parfum à chaque coin de rue. Tu n’es plus là pour me protéger, le froid m’enveloppe et m’isole. Je n’ai plus peur, plus besoin de rien ni de personne. Plus qu’une enveloppe vide et sans âme. Les journées s’étirent, sans rien d’autre qu’une profonde incompréhension. Je marche dans les rues, hébétée, lessivée, sur l’autre rive, échouée

PostHeaderIcon Dans l'oeil du peintre, par Véro

Dans l’œil du peintre, il ya la peur. Peur ce que sa main va révéler : ses doutes, ses frustrations, son impuissance, sa lâcheté…

Peur de se voir, tel, qu’il est, simplement

Ce soir-là, il a beau essayer, sa main lui échappe, les couleurs se déchainent, son visage se tord, il transpire, souffle, grogne, essaie de reprendre son souffle. Mais la terreur est là, toute-puissante

Il a peint toute la nuit m’a-t-on dit. Au petit matin, il ne restait qu’un pinceau gisant au pied du chevalet. Sur la toile, un homme gris, le regard apeuré….

PostHeaderIcon Femmes d'Afrique, par Véro

Femmes d’Afrique à la sensualité rageuse

Quand je te regarde danser comme si le diable te mordait la plante des pieds, je vois en toi l’énergie furibonde de ce continent…Pourtant calciné par le soleil, lessivée par les orages, ravagé par la famine.

Quand je vois ton corps secoué par la transe, je sens à nouveau la brulure du soleil, et la folie qui me gagne quand mon souffle se fait court et que je cherche désespérément un coin de frais, quand les mirages jaillissent et me hantent toute la nuit durant..

Femmes d’Afrique, je vous ai regardé danser dans ce jardin un soir d’Octobre. Vous portiez ces robes aux couleurs rutilantes, et vous dansiez. Vous étiez pourtant si loin de chez vous

Les tambours résonnaient, et faisaient vibrer vos corps désarticulés, tandis que vos pieds battaient  la Terre,  comme pour la punir de tant d’aridité. Des badauds se dandinaient, maladroits, mais inexorablement emportés par ce petit morceau d’Afrique à la dérive dans ce jardin public…

Je n’ai de cesse depuis de retrouver cette animalité, de me perdre à nouveau sur ce continent que le soleil a rendu fou à lier…

PostHeaderIcon Un coin dans ma tête, par Christine Jouhaud Mille

Un coin dans ma tête,

Où je joue aux quatre coins

Les coins éclatent en une multitude d’angles,

Et viennent se cogner sur les parois rondes de mon crâne

Crâne secoué comme un cornet rempli de dés

Dés à la douleur pipée pour leur avoir rogné les angles.

 

Un coin dans ma tête

Où j’ai trouvé un monde

Les mots fusent pour se contredire, amenant

Les phrases à discuter et se disputer,

Incontrôlable chahut, je chavire vers la folie

 

Un coin dans ma tête

où j’ai trouvé le vent

Un souffle à décrocher les neurones

Et des fulgurances électriques,

Creusant leur tatouage indélébile aux crépitements secs

Crépitements qui s’abritent le jour et la nuit dans le creux de mes oreilles.

 

Un coin dans ma tête

Où j’ai trouvé un blanc

Un silence de neige,

Une note aphone au concert à quatre mains sur le piano à queue

Des lettres absentes d’un ABCDAIRE

Le vide, dans le sourire d’un petit enfant, après la chute de sa dent de lait…

 

Dans tous ces blancs ou vides, un ange passe.

 

Un coin dans ma tête,

Où je joue aux quatre coins

 

Lundi 20 octobre 2008