25 juillet 2008
Je te réponds
Le texte suivant fait suite à "Ah toi mon enfant que je n'aurai jamais"
Tu me dis que ce n’est pas que tu ne veuilles pas de moi
Mais tu ne me désires pas
Pourtant je suis là, je t’attends
Si tu n’as pas foi en toi pour devenir ma mère
Aies foi en moi pour devenir ton enfant
Imagine moi, rêve moi, conçois moi
Laisse moi devenir réalité
Je ne veux pas d’un autre rivage, d’un autre visage
C’est toi que j’ai choisie
C’est toi que je veux appeler Maman
Du bout de mes lèvres éthérées, je t’embrasse
… ma petite Maman
A toi mon enfant que je n'aurai jamais
Ce n'est pas que je ne veuille pas de toi
Mais je n'ai pas le désir de toi
Traite moi d'égoïste
Tu sais que je ne le suis pas
C'est peut être parce que je ne le suis pas assez, justement
Je n'ai peut être pas assez foi en moi
Pour décider d'être ta mère
Ou peut être n'ai-je pas assez de vie en moi
Pour te donner vie
Pourtant, t'imaginer c'est un peu de faire vivre
Je te laisse mon enfant vivre une autre vie
Pars vers un autre rivage, un autre visage
Je t'embrasse mon enfant
Moi qui ne serait jamais ta mère
17 juin 2008
Sur le tableau noir
Craie de l'enfance
crée la nostalgie
Un coup de chiffon l'efface
Et là reprend la vie
Les chiens noirs de la colère
Sur le champ de bataille en ruine de mon âme
Les cendres brûlantes de ma colère retombent,
Vestiges d'une guerre furieuse contre le déni de moi-même.
Je me suis battue contre le silence, face aux murs d'incompréhension
Qui se dressaient devant moi.
Aucune négociation, aucune compréhension.
A la place humiliation et dénégation.
La guerre des tranchées n'avait que trop duré.
Le vent de révolte s'est éveillé
Libérant les chiens noirs de la colère
Qui mirent tout à sac.
Repus de feu et sang
Ils s'évaporèrent me laissant tremblante et épuisée.
09 avril 2007
Elle riait, la femme, par Andréa
Elle riait la femme,
Elle riait aux éclats
Le rire un peu forcé
Mais tellement naturel
**
Accueil de ses hôtes
Accueil ambiguë
Baisers, fébrilité,
Exaltation déjà équivoque
Ce tourbillon aurait un double sens
**
Ce matin, elle appris qu’elle attendait des jumeaux.
Ronde infernale dans sa tête
Son esprit est assailli, bloqué
2+2+2 / 6 / son travail / ses projets / son mari
Elle se sent captive / soumise /
Par un joug inattendu et inéluctable
Tout cela peut s’arrêter d’un coup
Tout s’embrouille.
**
Pour ses hôtes ce soir
Elle portera le masque
Entre le saumon et l’ananas
Son coeur bat la chamade
Résonance de son désarroi
Qui devient déni.
Les invités s’extasiaient
Ordonnance du repas
Aisance de leur hôtesse…
**
Mais elle mentait, elle mentait
Lui seul s’en apercevait
Il connaissait son envers
Elle parlait faux
Lui entendait son parler vrai.
**
Les invités s’en allèrent
Elle s’écroula sanglotante dans ses bras
Mais ses bras à lui ne se refermaient pas
Il ne voulait pas entendre
Il ne voulait rien savoir
Elle ne partagerait pas son déni…
Andréa, décembre 2006
21 mars 2007
Le poële bleu de la vie
Le poêle bleu de la Vie
Toi seul capable,
Toute ta vie,
D’accueillir mes cendres…
De les réchauffer,
Leur permettre à nouveau
De s’embraser.
« Etre avec »,
Accompagner « désir d’être »
De ton Aimée.
Chalumeau
Toujours prêt à revigorer
Feu qui s’éteint.
A maintenir la flamme sans l’étouffer !...
Poêle ne doit pas exploser…
Le protéger !...
Sinon, tu le perdrais.
Toi sans moi, moi sans toi,
Rien plus ne serait !...
Plus nous resterait
Qu’à se brûler…
Au feu de l’Autre,
Se consumer…
Encore et toujours,
Regarder ensemble ce poêle bleu de la Vie
Qui nous dit :
« sans moi, l’Amour n’est que cendres »
12 mars 2007
Elle court, la parole
Elle court, la parole....
Par les prés verdoyants, sur un coin d'herbe folle,
Elle va, vient, bondit, elle court, la parole.
En perles de rosée, et sur l'argile molle,
Irisée, elle glisse. Eau vive: la parole.
Eclair sombre du Foulque ou flamant qui s'envole,
Piqué du cormoran, c'est elle, la parole.
Un pinson fait sa trille, un lapin batifole,
Un ruisseau bruit au loin, c'est encor la parole.
Un sourire furtif, une main qui console,
Un pleur vite essuyé, c'est toujours la parole.
Du badinant babil au poème frivole,
Elle a su s'inviter, la subtile parole!
Un ArTbre exfolié trouve au son de la viole
Du galoubet, du luth: nouvelle foliole.
Sensuelle, une fleur que l'insecte cajole
Entrouvre au doux pollen sa légère corolle.
Et quand l'ombre complice avec l'amour convole:
Un clin d'oeil dans la nuit: c'est une luciole.
Quand au bout du chemin, l'asphodèle s'étiole
L'atelier réuni te dit : « Merci, Carole!»
Jean-Claude.
Nota: texte composé au mois de mars 2007 à l'occasion de l'exposition "ArTbre" de Pignan (Textes de Carole Lilin, encres de chine de Marie-Lydie Joffre, illustration sonore à partir de divers instruments). Revu nov. 2008.
Illustration: "La Carole" (scène de danse) fresque provenant d'une maison de Sorgues, vers 1360, AVIGNON, Musée du Petit Palais.
05 mars 2007
LES VENTS ETESIENS
[illustration de l'auteur]
LES VENTS ETESIENS.
La tramontane
a nettoyé
le ciel.
Il reste, cruel,
le souvenir de choses qui furent.
Cime catalane,
neige éternelle,
comme tu es
belle!
Le vent indifférent révèle
sa ligne pure
à l'horizon, contour d'épure.
Il ne reste rien
des choses qui furent.
Les choses du passé
ne sont plus;
un vide,
c'est fini.
Tout continue, aussi,
sans toi, ma vie.
BRISURE.
Ton regard est creux,
ta bouche dure,
morts sont tes yeux.
Nostalgie
d'un coeur limpide.
Comment oublier
les choses qui furent?
De ton vouloir ne veux,
le temps passe....
Un mot seul est resté.
Aussi simplement l'été
s'efface.
Jean-Claude, sept. 1991.
27 février 2007
Poèmes libres
Textes poétiques, en vers ou en prose, n'entrant pas dans les autres catégories.

